Comparons 2 listes d'ingrédients ! Bio vs Conventionnelle

Publié le : 19/12/2017 16:52:14
Catégories : Bio & Cie

Notre 1er Numéro de la Mensuelle « Vous avez dit INCI ? vous expliquait ce qu’était l’INCI (Nomenclature des Ingrédients Cosmétiques) et ce que cela impliquait pour les fabricants et les consommateurs.

Ici, à travers cet article, nous allons comparer 2 listes d’ingrédients : l’une provenant d’une étiquette de produit cosmétique bio et l’autre provenant d’une étiquette de produit cosmétique conventionnel.

Pourquoi faire une telle comparaison ? :

·       Pour le coté pédagogique :  Toujours utile de rappeler, de manière générale, ce que contient une étiquette.

·       Rappeler quelles sont les obligations des fabricants vis-à-vis des consommateurs en matière d’étiquetage.

·       Pour sensibiliser le consommateur sur le contenu des compositions cosmétiques :   Savoir exactement ce que l’on achète c’est important, surtout si l’on est sujet à des problèmes de santé.

Mais, Mais ! Ne nous quittez pas en si bon chemin ! Ce n'est que le début !

Rappelons tout d’abord ce que doit contenir une étiquette selon L’article 19 du Règlement Européen relatif aux produits cosmétiques :

·       Le nom ou la raison sociale et l’adresse de la personne responsable. Ces mentions peuvent être abrégées dans la mesure où l’abréviation permet d’identifier cette personne et son adresse.

·       Le pays d’origine si le produit est fabriqué en dehors de l’Europe.

·       Le contenu nominal au moment du conditionnement : indiqué en poids ou en volume (grammes (g) ou millimètres (ml) et en première position, sauf pour les emballages contenant moins de 5 g ou moins de 5 ml, les échantillons gratuits et les unidoses. Des unités de mesure additionnelles, comme par exemple oz, peuvent être ajoutées.

·       La Date de durabilité Minimale (DDM), c’est-à-dire la date jusqu’à laquelle le produit cosmétique, conservé dans des conditions appropriées, continue à remplir sa fonction initiale, et reste notamment conforme à l’article 3 du Règlement Européen relatif à la Sécurité des produits cosmétiques.

La date elle-même ou l’indication de l’endroit où elle figure sur l’emballage doit être précédée du symbole suivant :   ou de la mention « à utiliser de préférence avant fin ». Cette date doit clairement être mentionnée et se compose, dans l’ordre, soit du mois et de l’année (ex : 01/2017 ou 01/17), soit du jour, du mois et de l’année (ex : 01/01/2018 ou 01/01/18). En cas de besoin, ces mentions doivent être complétées par l’indication des conditions qui doivent être remplies pour assurer la durabilité indiquée (ex : à conserver à l’abri de la lumière).

L’indication de la DDM n’est pas obligatoire pour les produits cosmétiques dont la durabilité minimale excède 30 mois. Ces produits portent alors l’indication de la PAO (= Période Après Ouverture) qui correspond à la durée pendant laquelle le produit est sûr après son ouverture et peut être utilisé sans dommages pour le consommateur.

Cette information doit être indiquée par le symbole suivant :, suivi de la durée d’utilisation (exprimée en mois et/ou années), sauf si le concept de durabilité après ouverture n’est pas pertinent (pour les produits à usage unique par exemple).

A titre d’exemple, ce symbolesignifie que le produit cosmétique peut être conservé 12 mois après son ouverture.

·       Les précautions particulières d’emploi et, au minimum, celles indiquées dans les annexes III* à VI*, ainsi que d’éventuelles indications concernant des précautions particulières à observer pour les produits cosmétiques à usage professionnel.

o   *Annexe III du Règlement Européen = LISTE DES SUBSTANCES QUE LES PRODUITS COSMÉTIQUES NE PEUVENT CONTENIR EN DEHORS DES RESTRICTIONS PRÉVUES

o   *Annexe VI du Règlement Européen = LISTE DES FILTRES ULTRAVIOLETS ADMIS DANS LES PRODUITS COSMÉTIQUES

En l’absence de place suffisante, elles doivent être reportées sur une notice, une étiquette, une bande, une carte jointe ou attachée au produit.

Dans ces cas, le consommateur y est renvoyé soit par une indication abrégée, soit par un symbole figurant sur le récipient ou l’emballage : 

·       Le numéro de lot de fabrication ou la référence permettant l’identification du produit. 

·       La fonction du produit (ex : Crème hydratante), sauf si cela ressort clairement de sa présentation.

·       La liste des ingrédients « INCI » précédée du terme « INGREDIENTS ».  Ces informations peuvent figurer uniquement sur l’emballage, ou en cas d’impossibilité pratique, sur une notice, une étiquette, une bande ou une carte jointe ou attachée au produit. Dans ce dernier cas, le consommateur est renvoyé soit par une indication abrégée, soit par un symbole sur l’emballage :  

La liste des ingrédients est établie dans l’ordre décroissant de leur quantité dans le produit cosmétique. Les ingrédients dont la concentration est inférieure à 1 % peuvent être mentionnés dans le désordre après ceux dont la concentration est supérieure à 1 %.

Tout ingrédient présent sous la forme d’un nanomatériau doit être clairement indiqué dans la liste des ingrédients. Le nom de l’ingrédient doit être suivi du mot « nano » entre crochets.

Les colorants autres que ceux destinés à colorer les cheveux ou le système pileux du visage, à l’exception des cils, peuvent être mentionnés dans le désordre après les autres ingrédients cosmétiques. (Pour plus d’informations, vous pouvez consulter notre Mensuelle dédiée à la liste des ingrédients parue sur notre blog en Décembre 2017).

A noter que lorsqu’il est impossible pour des raisons pratiques de faire figurer la liste des ingrédients sur une étiquette, une carte ou une notice jointe, la liste des ingrédients doit figurer sur un écriteau placé à proximité immédiate du récipient dans lequel le produit cosmétique est proposé à la vente : c’est le cas pour le savon, les perles de bains ou autres...

Enfin, dans certains cas, l’étiquette peut comporter des mentions particulières relevant d’autres réglementations comme : ex pour les aérosols contenant des composés inflammables…

Une petite pause s’impose avant notre exercice de comparaison :

Comparons donc 2 listes d’ingrédients, l’une bio et l’autre conventionnelle :

Les obligations légales en matière d’étiquetage rappelées ci-dessus concernent aussi bien les produits cosmétiques bios que tout autre type de produit cosmétique.

Pour effectuer notre comparaison, nous allons nous concentrer sur la liste des ingrédients de chacune de ces étiquettes.

Type de produits

  Liste d’ingrédients

Etiquette d’un Gommage pour le corps – Conventionnel

  

INGREDIENTS : AQUA, GLYCERIN, POLYETHYLENE, PARFUM, PROPYLENE GLYCOL, CARBOMER, SODIUM HYDROXIDE, PPG-26-BUTETH-26, PEG-40 HYDROGENATED CASTOR OIL, METHYLISOTHIAZOLINONE, METHYLCHLOROISOTHIAZOLINONE, MAGNESIUM NITRATE, MAGNESIUM CHLORIDE, CITRONELLOL, HEXYL CINNAMAL, LIMONENE, LINALOOL, CI 14700, CI 17200.

Etiquette d’un Gel Nettoyant certifié Bio par Ecocert

 

Aqua, Citrus limon (Lemon) fruit water*, Glycerin, Sodium cocoamphoacetate, Lauryl glucoside, Sodium lauryl glucose carboxylate, Sodium cocoyl glutamate, Lactic acid, Musa acuminata extract, Quillaja saponaria bark extract, Tocopherol, Glyceryl oleate, Coco-glucoside, Sodium benzoate, Citric acid, Parfum, Sodium phytate, Alcohol, Helianthus annuus (Sunflower) seed oil, Hydrogenated palm glycerides citrate, Lecithin, Ascorbyl palmitate, d-Limonene, Linalool. *Ingrédients issus de l’agriculture biologique

99,7 % du total des ingrédients sont d’origine naturelle.

23% du total des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique..

Décortiquons l’étiquette 1 : Cosmétique conventionnelle :

*l’origine possible des ingrédients vous est annoncée en 4ème colonne

 

 

Décortiquons l’étiquette 2 : Cosmétique Certifié Bio par Ecocert

*l’origine possible des ingrédients vous est annoncée en 4ème colonne

 

 

     Que dire de tout ça ?

Il me semble important de retenir que les fabricants ont des obligations en matière d’étiquetage qui nous permettent de prendre connaissance des ingrédients qui composent un produit cosmétique ;

Certains ingrédients peuvent être utilisés dans leurs version végétale ou synthétique et c’est sous leur forme végétale qu’ils seront autorisés pour la formulation de produits dont la composition vise une certification bio (sous réserve de respecter aussi les éléments de la charte imposée par le label bien entendu) ;

Certains sont règlementés et leur utilisation est limitée à un certain seuil (ce qui est difficile à vérifier par le consommateur puisque les proportions ne sont pas affichées sur l’étiquette) ;

D’autres doivent impérativement être listés sur l’étiquette au-delà d’un certain seuil de concentration (La seule indication que le consommateur a c’est que généralement ceux-ci sont présents en si faible quantité que conformément au règlement, il se trouveront en fin de liste)

Je dirais également qu’il est certain que consommer des produits dont la composition est la plus saine possible serait idéal, mais cela ne signifie pas que notre peau ne réagira pas à un ingrédient, car il faut garder à l’esprit que les allergènes sont aussi naturellement présents dans pas mal d’huiles essentielles par exemple.

Enfin, en ce qui concerne la certification bio (quel que soit le label en question), il est aussi important de rappeler que tous les produits ayant une composition saine ne sont pas tous certifiés. Il existe donc pas mal de produits très sains non certifiés ou non encore certifiés qui méritent aussi toute l’attention des consommateurs de produits cosmétiques sains.

Aussi, les produits certifiés bios, peuvent aussi contenir des ingrédients règlementés pourvu qu’ils respectent les proportions et dispositions imposées par le règlement ainsi que la charte de l’organisme certificateur.

 

Voici un chapitre qui se referme ! Espérons que cette lecture vous aura été utile et agréable

Auteur : Priscillia Ludosky

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